L'essentiel
- Le Peppol MLR (Message Level Response) est l'accusé par lequel le destinataire rend compte de la validation technique d'un document reçu.
- Il s'exprime au format UBL ApplicationResponse 2.1 et circule sur le réseau Peppol comme une facture ou une commande.
- Il porte trois statuts principaux : accusé de réception (AB), accepté (AP) et rejeté (RE), le rejet devant préciser le motif.
- Le MLR n'est ni un accusé de transport ni une réponse commerciale : il ne concerne que la conformité du message.
Une facture envoyée sur Peppol ne disparaît pas dans un tuyau opaque. Le réseau prévoit un chemin de retour pour dire à l'émetteur ce que son document est devenu à l'arrivée : c'est le rôle du Peppol MLR, ou Message Level Response. Comprendre ce message, c'est savoir lire ce que votre logiciel vous montre après un envoi, et distinguer un simple « bien reçu » d'un « validé » ou d'un « rejeté, voici pourquoi ».
Le sujet devient concret avec l'obligation de facturation électronique B2B en Belgique, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 : dès lors que les factures circulent par Peppol, l'accusé de réception cesse d'être un détail technique et devient la preuve que le document est arrivé et a passé les contrôles. Cet article décrit ce que le MLR contient, ce qu'il ne dit pas, et où il se situe parmi les autres retours du réseau.
Ce qu'est un Message Level Response
Le Message Level Response est un document Peppol à part entière. Il est défini par le profil Peppol BIS Message Level Response 3.0 publié par OpenPeppol, sous l'identifiant de transaction Trdm071. Sa fonction tient en une phrase : permettre au destinataire d'un document métier de signaler à l'émetteur le résultat de ses validations.
Techniquement, le MLR n'invente pas de format : il repose sur le document UBL ApplicationResponse 2.1, une structure XML standard prévue exactement pour porter une réponse à un message reçu. Il est acheminé sur le réseau comme n'importe quel autre document Peppol, encapsulé dans une enveloppe et transmis via le protocole AS4 entre points d'accès. L'émetteur et le destinataire du MLR sont simplement inversés par rapport à la facture d'origine : celui qui a reçu la facture émet le MLR, celui qui l'avait envoyée le reçoit.
Les trois niveaux de retour sur Peppol
La confusion la plus fréquente consiste à mélanger trois retours différents, qui répondent à trois questions distinctes. Le tableau ci-dessous les situe.
| Accusé de transport | MLR | Réponse métier | |
|---|---|---|---|
| Confirme l'acheminement jusqu'au point d'accès | |||
| Rend compte de la validation technique du document | |||
| Exprime une décision commerciale (accord, litige) | |||
| Porté par un document métier UBL ApplicationResponse |
L'accusé de transport est produit par le protocole AS4 lui-même : c'est le reçu signé qui confirme qu'un point d'accès a bien remis le message au point d'accès suivant. Il ne dit rien du contenu. Le MLR, lui, se situe un cran plus haut : le document a été ouvert, lu et passé dans les règles de validation. Enfin, la réponse métier, un document distinct appelé l'Invoice Response, porte une décision sur le fond : la facture est-elle acceptée pour paiement, contestée, rattachée à un contrat expiré ? Le MLR ne traite jamais cette dimension.
Ce que porte un MLR : les codes de statut
Le cœur du MLR est son code de statut. Le profil Peppol en retient trois principaux, empruntés à une liste de codes normalisée, chacun répondant à un état précis du traitement.
Les statuts d'un Message Level Response
AB : accusé de réception
Le message a été reçu et identifié, mais pas encore validé sur le fond. C'est un simple « bien arrivé ».
AP : accepté
Le document a passé la validation sans erreur bloquante. Il est conforme à la syntaxe et aux règles Peppol.
RE : rejeté
Le document contient une ou plusieurs erreurs fatales qui empêchent son traitement. Le motif du rejet doit alors être renseigné.
La règle sur le rejet mérite d'être soulignée : quand un MLR renvoie le statut RE, la description de l'erreur est obligatoire. Le destinataire ne peut pas se contenter de refuser ; il doit indiquer ce qui n'a pas fonctionné : une erreur de schéma XML, une règle Peppol non respectée, une version de document incorrecte. C'est ce qui rend le rejet exploitable : l'émetteur sait quoi corriger avant de renvoyer.
À l'inverse, un simple avertissement (warning) ne provoque pas de rejet à lui seul. Le document reste accepté, l'avertissement étant signalé à titre indicatif. Seule une erreur fatale bascule le statut vers RE.
À quel moment le MLR intervient
Le MLR n'est pas instantané : il s'inscrit dans le cycle de vie du document, après l'acheminement et une fois la validation effectuée chez le destinataire. La séquence type est la suivante.
- 1
Émission de la facture
Étape 1Votre logiciel produit la facture au profil Peppol BIS Billing 3.0 et la remet à votre point d'accès.
- 2
Acheminement et accusé de transport
Étape 2Le réseau route le document vers le point d'accès du destinataire ; le protocole AS4 confirme la livraison.
- 3
Validation chez le destinataire
Étape 3Le document reçu est contrôlé : syntaxe UBL, règles Peppol, cohérence de conformité.
- 4
Émission du MLR
Étape 4Le destinataire renvoie un Message Level Response avec le statut AB, AP ou RE, et le motif en cas de rejet.
Cette place dans la chaîne explique pourquoi le MLR est utile même quand tout se passe bien : il ferme la boucle. Sans lui, l'émetteur sait seulement que son document a été livré, pas qu'il a été accepté. Avec lui, un rejet est détecté tôt et corrigé, au lieu d'être découvert des semaines plus tard faute de paiement.
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Ce que le MLR change pour votre entreprise
Comme pour le reste de Peppol, vous n'avez pas à manipuler le MLR à la main. Un logiciel conforme génère l'accusé quand vous recevez un document, l'envoie, et interprète ceux que vous recevez. Ce que vous voyez, c'est un résultat lisible : facture acceptée, ou rejetée avec le motif. Le fichier UBL ApplicationResponse reste sous le capot.
Ce qui compte, à l'usage, c'est de choisir un outil qui gère ce retour, et pas seulement l'envoi. Un logiciel qui expédie des factures sans savoir lire un MLR de rejet vous laisse dans le flou : vous croyez avoir facturé, alors que le document a été refusé pour une erreur que personne n'a vue. La capacité à recevoir, afficher et tracer les Message Level Responses est donc un critère concret au moment de choisir ou de mettre à jour votre solution.
Signalons enfin la direction que prend le réseau : OpenPeppol a défini un Message Level Status (MLS), construit sur les mêmes bases que le MLR mais élargi pour couvrir aussi la livraison vers le destinataire final, et échangé entre prestataires de services. C'est le mécanisme vers lequel Peppol évolue ; le principe reste le même, à savoir rendre compte du sort d'un message, mais le périmètre dépasse la seule validation de conformité.
À lire aussi
- Peppol BIS Billing 3.0 : ce que contient le format : le profil de la facture dont le MLR accuse réception.
- Point d'accès Peppol : à quoi ça sert et comment s'y raccorder : le maillon qui transporte factures et accusés.
- Comprendre le réseau Peppol en 5 minutes : le modèle à quatre coins et le rôle des points d'accès.
La source de référence fait foi : la spécification Peppol BIS Message Level Response 3.0 publiée par OpenPeppol.
Qu'est-ce que le Peppol MLR (Message Level Response) ?
Le Message Level Response (MLR) est un document Peppol par lequel le destinataire d'une facture ou d'une commande informe l'émetteur du résultat de la validation technique du message reçu. C'est un accusé exprimé au format UBL ApplicationResponse 2.1, transporté sur le réseau Peppol comme n'importe quel autre document.
Quels codes de statut le MLR peut-il renvoyer ?
Le MLR porte principalement trois codes : AB (accusé de réception, message reçu mais pas encore validé), AP (accepté, le document a passé la validation sans erreur bloquante) et RE (rejeté, le document contient des erreurs fatales). En cas de rejet, la description de l'erreur est obligatoire.
Le MLR est-il la même chose qu'un accusé de réception de transport ?
Non. L'accusé de transport (le reçu AS4) confirme seulement que le message a été acheminé jusqu'au point d'accès du destinataire. Le MLR va plus loin : il rend compte de la validation du contenu du document, c'est-à-dire de sa conformité à la syntaxe et aux règles Peppol.
Le MLR est-il une réponse commerciale à la facture ?
Non. Le MLR ne dit pas si la facture est acceptée sur le fond (accord sur le montant, litige, contrat expiré). Il rend compte uniquement de la validation technique et de conformité. Une réponse sur le fond relève d'un autre document, la réponse métier (Invoice Response).
Dois-je gérer le MLR moi-même pour facturer avec Peppol ?
Non. Un logiciel de facturation conforme génère, envoie et interprète les MLR pour vous via un point d'accès. Vous voyez le résultat sous forme lisible (facture acceptée ou rejetée avec le motif), sans avoir à lire le fichier UBL ApplicationResponse.




