L'essentiel
- L'amortissement des immobilisations répartit le coût d'un bien durable sur sa durée d'utilité, exercice après exercice.
- Les deux méthodes les plus courantes sont l'amortissement linéaire (annuités égales) et le dégressif (plus fort au départ).
- Depuis le 1er janvier 2020, les sociétés ne peuvent plus amortir de façon dégressive sur le plan fiscal et appliquent le prorata temporis la première année.
- La durée retenue doit refléter la durée d'utilité réelle du bien, pas un taux choisi au hasard.
Une PME qui achète une machine, un véhicule ou du mobilier ne déduit pas cette dépense d'un coup : elle l'étale dans le temps. C'est le rôle de l'amortissement des immobilisations, un mécanisme comptable et fiscal qui détermine sur combien d'exercices le coût d'un bien durable pèse sur votre résultat. L'enjeu est concret : une réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2020 a modifié les règles applicables aux sociétés, et s'y tromper fausse à la fois votre bénéfice imposable et la lecture de vos comptes.
Cet article explique ce qu'est un amortissement, les deux méthodes reconnues, ce qui a changé pour les sociétés belges, et comment fixer une durée défendable. Pour situer l'amortissement dans vos états financiers, voyez Le bilan et le compte de résultats d'une PME belge.
Qu'est-ce que l'amortissement des immobilisations
Une immobilisation est un bien destiné à servir durablement l'activité : un ordinateur, un véhicule utilitaire, une installation, un logiciel acquis. Contrairement à une fourniture consommée dans l'année, elle rend service sur plusieurs exercices. Le droit comptable belge impose donc d'en répartir le coût sur sa durée d'utilité ou d'utilisation probable, au lieu de le passer intégralement en charge l'année de l'achat.
Cette répartition, c'est l'amortissement. Chaque exercice supporte une fraction du coût, appelée annuité, qui vient réduire la valeur comptable du bien et diminuer le résultat. L'idée sous-jacente est de faire coïncider la charge avec la période pendant laquelle le bien contribue réellement à l'activité.
Amortissement linéaire et amortissement dégressif
La comptabilité connaît deux grandes méthodes. L'amortissement linéaire répartit le coût par annuités égales sur toute la durée d'utilité : un bien amorti sur cinq ans supporte chaque année un cinquième de son coût. C'est la méthode la plus lisible et, aujourd'hui, la règle pour les sociétés.
L'amortissement dégressif applique un taux plus élevé les premières années, puis décroissant : la charge est concentrée au début, quand le bien perd le plus de valeur. La méthode reflète mieux l'usure de certains équipements, mais elle est plus complexe et, sur le plan fiscal, elle a été retirée aux sociétés.
| Amortissement linéaire | Amortissement dégressif | |
|---|---|---|
| Annuités égales chaque exercice | ||
| Charge plus forte les premières années | ||
| Admis fiscalement pour les sociétés (biens dès 2020) | ||
| Calcul simple à suivre |
Ce qui a changé pour les sociétés depuis 2020
La réforme de l'impôt des sociétés portée par la loi du 25 décembre 2017 (Moniteur belge) a resserré les règles d'amortissement des sociétés, avec effet sur les immobilisations acquises ou constituées à partir du 1er janvier 2020. Deux changements comptent surtout pour une PME.
D'abord, l'amortissement dégressif n'est plus admis fiscalement pour les sociétés : seule la méthode linéaire subsiste. Ensuite, la première annuité n'est déductible qu'au prorata temporis, c'est-à-dire en proportion de la partie de l'exercice écoulée entre l'achat et la clôture. Auparavant, une petite société pouvait déduire une annuité complète dès l'année d'acquisition, quel que soit le mois de l'achat ; cet avantage a disparu.
- 1
Avant 2020
Ancien régimeUne petite société pouvait amortir de façon dégressive et déduire une annuité pleine l'année de l'achat.
- 2
Loi du 25 décembre 2017
AdoptionLa réforme de l'impôt des sociétés programme la suppression du dégressif et l'extension du prorata temporis.
- 3
Dès le 1er janvier 2020
Entrée en vigueurPour les biens acquis ou constitués à cette date ou après : amortissement linéaire uniquement et prorata temporis la première année.
Ces règles visent les sociétés. Les indépendants en personne physique relèvent d'un régime distinct, avec ses propres options ; en cas de doute sur votre situation, votre comptable tranche.
Quelle durée d'amortissement retenir
La règle de fond est simple à énoncer : la durée d'amortissement doit correspondre à la durée d'utilité ou d'utilisation probable du bien. Un taux n'est pas défendable parce qu'il arrange le résultat, mais parce qu'il reflète la réalité économique de l'immobilisation. La pratique a dégagé des durées usuelles par catégorie, qui servent de repère.
Durées d'amortissement couramment admises
Bâtiments
Amortis sur une longue période, souvent de l'ordre de 20 à 33 ans selon la nature de la construction.
Matériel et outillage
Généralement de 5 à 10 ans, selon l'intensité d'usage.
Mobilier et aménagements
Souvent autour de 10 ans.
Matériel informatique
Durée courte, de l'ordre de 3 ans, du fait d'une obsolescence rapide.
Véhicules
Fréquemment amortis sur environ 5 ans.
Ces durées sont des repères de pratique, pas des taux imposés par la loi : chaque entreprise doit pouvoir justifier le sien au regard de l'usage réel du bien. Le plan d'amortissement, une fois arrêté, s'applique de façon systématique et cohérente d'un exercice à l'autre.
Frais accessoires et petites sociétés
Le coût à amortir n'est pas seulement le prix d'achat : il inclut les frais accessoires, comme les frais de transport, d'installation ou la TVA non déductible. Avant la réforme, une petite société disposait d'une possibilité supplémentaire pour ces frais : les amortir à un rythme librement choisi. Depuis les biens acquis à partir du 1er janvier 2020, cette option a disparu.
Une petite société conserve néanmoins un choix : soit passer les frais accessoires en charge en une fois l'année où ils sont exposés, soit les amortir au même rythme que le bien principal. Les grandes sociétés, elles, doivent les amortir au même rythme que le bien. C'est un point de vigilance au moment d'enregistrer un achat, car il change la charge déductible du premier exercice.
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Ce que cela change pour votre PME
L'amortissement n'est pas qu'une écriture technique : il pilote votre bénéfice imposable et la valeur de vos actifs au bilan. Choisir la bonne méthode et une durée défendable évite deux écueils symétriques : gonfler le résultat en amortissant trop lentement, ou le comprimer artificiellement en amortissant trop vite.
Depuis 2020, la marge de manœuvre des sociétés s'est réduite : linéaire obligatoire, prorata temporis dès la première annuité, et une option en moins sur les frais accessoires. Le réflexe utile est de tenir un tableau d'amortissement à jour, bien exposé, rattaché à chaque immobilisation, pour que la charge de chaque exercice soit traçable et justifiable en cas de contrôle. Pour la mécanique d'enregistrement, voyez Le grand livre et la balance comptable.
À lire aussi
- Le bilan et le compte de résultats d'une PME belge : où l'amortissement apparaît dans vos comptes.
- Le grand livre et la balance comptable : comment l'annuité s'enregistre.
- Le plan comptable minimum normalisé (PCMN) : les comptes d'immobilisations et d'amortissements.
Les règles de fond figurent dans le Code des impôts sur les revenus 1992 (amortissements déductibles) et le droit comptable belge ; les méthodes sont commentées par la Commission des normes comptables.
Qu'est-ce que l'amortissement des immobilisations ?
L'amortissement est la répartition comptable du coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilité probable. Plutôt que de passer l'achat en charge en une seule fois, l'entreprise en étale le coût sur plusieurs exercices, pour refléter l'usure ou l'obsolescence du bien au fil du temps.
Quelle est la différence entre amortissement linéaire et dégressif ?
L'amortissement linéaire répartit le coût par annuités égales sur toute la durée d'utilité. L'amortissement dégressif applique un taux plus élevé les premières années, puis décroissant. Depuis le 1er janvier 2020, la méthode dégressive n'est plus admise fiscalement pour les sociétés.
L'amortissement dégressif est-il encore autorisé en Belgique ?
Pour les sociétés, non : la loi du 25 décembre 2017 a supprimé l'amortissement dégressif pour les immobilisations acquises ou constituées à partir du 1er janvier 2020. La méthode linéaire reste la règle. Les indépendants en personne physique relèvent de règles distinctes.
Comment choisir la durée d'amortissement d'un bien ?
La durée doit correspondre à la durée d'utilité ou d'utilisation probable du bien. La pratique retient des durées usuelles par catégorie (par exemple plusieurs années pour du mobilier, moins pour du matériel informatique), mais le taux doit rester cohérent avec la réalité économique du bien.
Un logiciel de facturation gère-t-il les amortissements ?
Un logiciel comptable tient le tableau d'amortissement, calcule les annuités et rattache chaque immobilisation à son compte. YouInv se concentre sur la facturation et la conformité Peppol ; l'écriture des amortissements relève de votre outil comptable ou de votre comptable.




